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samedi 1 juillet 2017

DISCOURS DE Patrice Emery LUMUMBA

Patrice Emery LUMUMBA lisant son discours
Congolais et Congolaises,
Combattants de l’indépendance aujourd’hui victorieux,
Je vous salue au nom du gouvernement congolais.

A vous tous, mes amis, qui avez lutté sans relâche à nos côtés, je vous demande de faire de ce 30 juin 1960 une date illustre que vous garderez ineffaçablement gravée dans vos cœurs, une date dont vous enseignerez avec fierté la signification à vos enfants, pour que ceux-ci à leur tour fassent connaître à leurs fils et leurs petits-fils l’histoire glorieuse de notre lutte pour la liberté.
Car cette indépendance du Congo, si elle est proclamée aujourd’hui dans l’entente avec la Belgique, pays ami avec qui nous traitons d’égal à égal, nul congolais digne de ce nom ne pourra jamais oublier cependant que c’est par la lutte  qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang.

Cette lutte, qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force. Ce que fut notre sort en 80 ans de régime colonialiste, nos blessures sont trop fraîches et trop douloureuses encore pour que nous puissions les chasser de notre mémoire. Nous avons connu le travail harassant, exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers.

Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions nègres. Qui oubliera qu’à un noir on disait « tu », non certes comme à un ami, mais parce que le « vous » honorable était réservé aux seuls Blancs ?
Nous avons connu que nos terres furent spoliées au nom de textes prétendument légaux qui ne faisaient que reconnaître le droit du plus fort. Nous avons connu que la loi n’était jamais la même selon qu’il s’agissait d’un Blanc ou d’un Noir : accommodante pour les uns, cruelle et inhumaine pour les autres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses ; exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort elle-même.
Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les blancs et des paillottes croulantes pour les Noirs, qu’n Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens ; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches, aux pieds du blanc dans sa cabine de luxe.
Qui oubliera enfin les fusillades où périrent tant de nos frères, les cachots où furent brutalement jetés ceux qui ne voulaient plus se soumettre au régime d’une justice d’oppression et d’exploitation ?

Tout cela, mes frères, nous en avons profondément souffert. Mais tout cela aussi, nous que le vote de vos représentants élus a agréé pour diriger notre cher pays, nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre cœur de l’oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut, tout cela est désormais fini. La République du Congo a té proclamée et notre pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants. Ensemble, mes frères, mes sœurs, nous allons commencer une nouvelle lutte, une lutte sublime qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur. Nous allons établir ensemble la justice sociale et assurer que chacun reçoive la juste rémunération de son travail. Nous allons montrer au monde ce que peut faire l’homme noir quand il travaille dans la liberté et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l’Afrique toute entière. Nous allons veiller à ce que les terres de notre patrie profitent véritablement à ses enfants. Nous allons revoir toutes les lois d’autrefois et en faire de nouvelles qui seront justes et nobles.

Nous allons mettre fin à l’oppression de la pensée libre et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement des libertés fondamentales prévues dans la Déclaration des droits de l’Homme.
Nous allons supprimer efficacement toute discrimination quelle qu’elle soit et donner à chacun la juste place que lui vaudront sa dignité humaine, son travail et son dévouement au pays. Nous allons faire régner nos pas la paix des fusils et des baïonnettes, mais la paix des cœurs et des bonnes volontés.
Et pour cela, chers compatriotes, soyez sûrs que nous pourrons compter non seulement sur nos forces énormes et nos richesses immenses,  mais sur l’assistance de nombreux pays étrangers dont nous accepterons la collaboration chaque fois qu’elle sera loyale et ne cherchera pas à nous imposer une politique quelle qu’elle soit. Dans ce domaine, la Belgique qui, comprenant enfin le sens de l’histoire, n’a pas essayé de s’opposer à notre indépendance, est prête à nous accorder son aide et son amitié, et un traité vient d’être signé dans ce sens entre nos deux pays égaux et indépendants. Cette coopération, j’en suis sûr, sera profitable aux deux pays. De notre côté, tout en restant vigilants, nous saurons respecter les engagements librement consentis .
Ainsi, tant à  l’intérieur qu’à l’extérieur, le Congo nouveau, notre chère République, que mon gouvernement va créer, sera un pays riche, libre et prospère. Mais pour que nous arrivions sans retard à ce but, vous tous, législateurs et citoyens congolais, je vous demande de m’aider de toutes vos forces. Je vous demande à tous d’oublier les querelles tribales qui nous épuisent et risquent de nous faire mépriser à l’étranger.

Je demande à la minorité parlementaire d’aider mo n gouvernement par une opposition constructive et de rester strictement dans les voies légales et démocratiques. Je vous demande à tous de ne reculer devant aucun sacrifice pour assurer la réussite de notre grandiose entreprise. Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays. Si la conduite de ces étrangers laisse à désirer, notre justice sera prompte à les expulser du territoire de la République ; si par contre leur conduite est bonne, il faut les laisser en paix, car eux aussi travaillent à la prospérité de notre pays. L’indépendance du Congo marque un pas décisif vers la libération de tout le continent africain.

Voilà, Sire, Excellences, Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes, mes frères de race, mes frères de lutte, ce que j’ai voulu vous dire au nom du gouvernement en ce jour magnifique de notre indépendance complète et souveraine. Notre gouvernement fort, national, populaire, sera le salut de ce pays.
J’invite tous les citoyens congolais, hommes, femmes et enfants, à se mettre résolument au travail en vue de créer une économie nationale prospère qui consacrera notre indépendance économique.

Hommage aux combattants de la liberté nationale !
Vive l’indépendance et l’Unité africaine !
Vive le Congo indépendant et souverain !

dimanche 11 juin 2017

30 juin 1960 - 30 juin 2017

logo de la fête nation de la RDC

La congolicolonisation


Cinquante-sept ans après l'indépendance de la République Démocratique du Congo personne n'a besoin de parler d'une vrai indépendance ni face à la communauté colonisatrice ni face aux autorités congolaises. 

En effet, l’indépendance congolaise supposerai la volonté politique par tous afin de sortir le pays de son impasse et effacer le mauvais souvenir accumulé pendant la traite jusqu'à la colonisation par rapport à la politique du colonisateur de la main coupée ou des travaux forcés. 

La volonté du congolais de changé sa situation lui avait poussé à étudier les voies et moyens de réclamer sa liberté afin qu'il jouisse pleinement de toutes les richesses de ses ancêtres. On entend parler d'une précipitation dans la demande de cette indépendance qui serait à la base des difficultés que la République Démocratique du Congo traverse aujourd'hui; à mon avis non. Comparativement à d'autres pays comme l'Afrique du Sud où le colonisateur avait adopté la colonisation d'implantation par rapport à la RDC où les colonisateurs trouvés dans la colonie y étaient uniquement pour des raisons politico-administratives ou pour les affaires du roi, il avait donc lieu de contraindre le blanc à rentrer chez lui, notamment pour oublier les traces de sa méchanceté et éviter le pire qui découlerai des relations déjà tendues entre les deux.


L'approximatif


Le demandeur d’indépendance de l’époque ne voyait pas dans le pouvoir un moyen de s'enrichir et de dominer les autres mais celui de prendre soin de son pays et de ses habitants, de prouver aux colons qu'on était capable de nous prendre en charge et de développer notre propre culture résultat de notre origine et du métissage qu'ils nous ont imposé. La même idée a été lue dans le chef de Mzee Laurent Désiré KABILA: celle de lutter contre l’ingérence, malgré 'indépendance tan ventée, des forces étrangères dans les affaires politiques et relations commerciales de la RDC, ce qui lui a valu le titre d’héro après sa mort inopinée et un jour spécial de la LIBÉRATION en souvenir de son entrée (sa prise de pouvoir): nul n'ignore combien touchait un militaire, l'agent de l'Etat était incorruptible, le mangé n’était pas un casse-tête. Comme me l'a dit un agent de l’ordre: "A l'entrée de Mzee je ne savais pas que quand tu arrêtes un civil il fallait lui demander de l'argent".

cérémonie du 30 juin en RDC


Le gouvernement congolais a compris, car il y a belle lurette que cette fête nationale a été célébrée comme telle. Nous étions des enfants des agents GCM, des fonctionnaires ou des ouvriers et pendant cette période la différence était moins remarquable. Quand l'agent GCM touchait sa prime et les nourritures de festivités, le fonctionnaire recevait son salaire avant le 30 juin plus les nourritures pour cette journée; le charbonnier voire même le manutentionnaire était sûr de compter sur sa clientèle. Lorsqu'on sait qu'on a pas payé le fonctionnaire il y a 7 mois, l'agent GCM a plus de 35 mois sans salaire, il y a bien lieu de chercher un motif pour passer une fête nationale sous méditation, sous prière pour les massacres, les tueries, les morts (qu'on peut éviter). Mieux encore le 30 juin 2017 on peut méditer pour les fosses communes et les tueries du Kasaï, le 17 mai est passé sous un grand silence; peut être une façon de dire l'indépendance et la liberté des congolais restent à venir.

Jean-Baptiste KITWAMBI MUFUNGA
Politologue